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LAC - Lausanne Action Climat

Premier procès climatique contre la place financière helvétique

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Climat - Premier procès climatique contre la place financière

Début janvier 2020 aura lieu à Lausanne le procès des 12 activistes qui avaient joué au tennis dans une succursale du Crédit Suisse. Ils dénonçaient le soutien de Roger Federer à la banque helvétique au bilan carbone le plus désastreux. Van Ypersele, ancien vice-président du GIEC, Marie Toussaint eurodéputée, Greenpeace  et 10 autres experts et scientifiques internationaux appelés comme témoins, 12 prévenus, 13 avocats : le procès pénal qui s'annonce  en janvier fera date dans la bataille judiciaire pour la sauvegarde du climat.

Et si le problème venait de ce que nous refusions d'entendre les cris d'alarme des scientifiques ? « Nous trouvons déplorable que la société ait actuellement besoin que les jeunes aillent enfreindre la loi afin de réaliser le précipice vers lequel nous courrons. ». Dès le début de la conférence de presse, le ton est donné par les activistes.

Le 22 novembre 2018, ils avaient joué au tennis dans la succursale du Credit Suisse à Lausanne. Ils dénonçaient ainsi l'impact de la place financière suisse dans la destruction du monde et demandaient à Roger Federer de refuser d’associer son image à celle d’une banque dont « la politique d’investissement est particulièrement cynique ».

De 2015 à 2017, le Credit Suisse a mis plus de 7.8 milliards de dollars à disposition de 47 entreprises exploitant des combustibles fossiles particulièrement sales au point d'être qualifiés d'extrêmes. Sa part dans le financement du charbon a été multipliée par 16 entre 2016 et 2017. 28.7% du financement accordé par Credit Suisse à ces entreprises ont financé le lobbying climatosceptique.

Les jeunes sont prêts à encourir de la prison pour contester cette sanction pénale. Ils estiment que ce ne sont pas eux qui doivent être punis mais bien l'établissement financier : c'est la loi qui est coupable parce qu'elle ne condamne pas ceux qui contribuent à détruire la planète.

Il s'agit d'un procès de principe. Il dépasse les frontières puisqu'il implique l'un des plus importants établissements bancaires mondiaux. Au-delà des juges, il s'agit de s'adresser à l'opinion publique toute entière, de faire le procès d'une loi, d'un système et d'une politique. Ce procès constituera une tribune publique.

13 avocats, dont deux Bâtonniers ont accepté de défendre la cause bénévolement. Des scientifiques et experts internationaux viendront témoigner : Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du GIEC, Sonia Seneviratne co-autrice helvétique du rapport du GIEC 2018 , Dominique Bourg, exPrésident du Conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, Marie Toussaint, eurodéputée qui a lancé l'Affaire du Siècle, Jeremy Désir, ex-Quantitative Analyst chez HSBC et qui a démissionné cet été avec une "Lettre ouverte à l'humanité", Sylvie Ollitrault, Directrice de recherche au CNRS, Greenpeace, etc.

A fin novembre, le juge a fait savoir qu'il refusait d'entendre ces témoins, à l'exception du prix Nobel de Chimie 2017 Jacques Dubochet. Il s'estime suffisamment renseigné sur tous les enjeux du procès. Les avocats ont publiquement dénoncé cette attitude de refus d'entendre les scientifiques et les experts, ce déni du droit d'être entendu. Comme le permet la loi, les avocats demanderont à nouveau leur comparution le jour du procès. Les témoins ont tous confirmés qu'ils seront présents.

Il s'agit d'inviter la Justice à se positionner face aux actions en matière de climat et de l'interpeller sur la question de savoir qui doit être condamné : des lanceurs d'alerte qui agissent en état de nécessité ou une banque qui, par ses investissements, contribue à détruire la planète.

Le procès met en évidence le rôle de la place financière mondiale, dénonce sa politique d'investissement en matière d'énergies fossiles et lui demande clairement de prendre ses responsabilités en la matière.

Enfin, l'envergure du procès permettra d'interpeller directement Roger Federer, ambassadeur de la banque. Si celui-ci, au vu de la publicité négative, venait à quitter le Credit Suisse, le retentissement auprès du grand public et des décideurs serait majeur.

La conclusion revient aux jeunes : « En janvier ce n’est pas une violation de domicile qui sera jugée. Ce sera le jugement de la jeunesse qui lutte pour sa survie. »