Droit de manifester
Un collectif de défense des activistes pour le climat a lancé une campagne de financement sur wemakeit pour défendre la liberté d'expression et la liberté de rassemblement pacifique.
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Que s'est-il passé ?
En juin 2020 (@NoGoingBack, Quaibrücke, en bref : QB) et octobre 2021 (Rebellion gegen das Aussterben, Uraniastrasse, en bref : RGA) par des rassemblements non autorisés, mais strictement pacifiques, se sont déroulés au centre-ville de Zurich. Durée de la perturbation : entre 3 minutes et 3 heures environ. Les deux actions et les avaient été annoncées aux autorités à l’avance. Dans le cas de la RGA, cette annonce a été faite par le biais d’une lettre ouverte au Conseil fédéral (« Dernier appel avant la rébellion », 22.6.2021). Dans cette lettre, le gouvernement était publiquement invité, dans un délai de trois mois, à ... ... « dire la vérité sur l’urgence climatique et écologique » en présentant sans fard à la population les conséquences dramatiquestique du changement climatique, déjà réelles et parfois irréversibles ; ... d’annoncer de manière crédible que « l’objectif d’émissions nettes nulles pourra être atteint au plus tard en 2025 » et de quelle manière ; ... de convoquer des « assemblées de citoyens* » afin de « définir ensemble la voie à suivre pour atteindre les objectifs susmentionnés ».
Leur lettre étant restée sans réponse, quelque 200 activistes* ont, comme annoncé, porté pacifiquement leur protestation dans la rue (à partir du 4.10.2021) dans le cadre de la « Rébellion contre l’extinction » [RGA].
Leur sit-in a été immédiatement encerclé par la police. Après un rappel à l’ordre et un court délai d’attente, une arrestation massive a eu lieu. Cette procédure s’est répétée les jours suivants (jusqu’au 8.10.2021). Lors de la procédure d’arrestation, les activistes* ont été soumis à des fouilles corporelles ou à des mesures d’identification (y compris le prélèvement d’ADN). Alors que certains d’entre eux ont été libérés après quelques heures, d’autres sont restés en détention jusqu’à 48 heures sans raison apparente. Finalement, le procureur a porté plainte contre toutes les personnes détenues : « contrainte ! ». En raison de leurs ordonnances pénales matériellement identiques, des activistes* ont demandé à plusieurs reprises une jonction de leurs procédures. Celle-ci leur ayant été refusée, iels ont dû passer individuellement par toutes les instances. Ceux d’entre eux qui n’ont pas pu tenir la charge financière et psychique considérable d’un long procès pénal ont entre-temps été condamnés définitivement avec une inscription correspondante au casier judiciaire et ses conséquences connues.
Aujourd'hui, les 14 affaires finalements jugées par le Tribunal Fédéral sont en passe d'être remontées à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Les personnes concernées appellent à un soutien massif via la page wemakeit.com/projects/revons-de-droits
Concrètement, à quoi va servir mon don ?
Les sommes collectées serviront à soutenir les quelque 20 personnes qui portent la voix des plus de 300 personnes arrêtées pour avoir participé aux actions d’Extinction Rebellion à Zurich en juin 2020 et octobre 2021. Ces personnes ont été accusées systématiquement de contrainte (art. 181 du code pénal), un grave « délit contre la liberté » inscrit au casier judiciaire. Cela pour avoir voulu alerter l’opinion publique sur le danger que constitue le réchauffement climatique, de façon pacifique, parfois festive, dans la rue. Il y aurait contrainte, car des automobilistes auraient « été forcés de patienter ou de faire un détour » (extrait de l’ordonnance pénale). Cette sanction a été appliquée sans discrimination à toutes les personnes contrôlées par la police, indépendamment de leur rôle dans les actions de Zurich. Les « peacekeepers », par exemple, dont la tâche consiste à expliquer aux passant·es le but de l’action et à désescalader toute menace de violence, ont, elles aussi, été arrêté·es et accusé·es de contrainte. Cette stratégie d’accusations en masse est une tentative sans précédent en Suisse pour décourager la participation à des manifestations.

La CEDH et les organes onusiens ont posé un cadre clair pour l'exercice des libertés fondamentales. Nous souhaitons nous assurer que toute personne ayant respecté ce cadre puisse obtenir gain de cause simplement et sans frais. Nous avons également l'intention de nous appuyer sur les instances de protection des Droits de l'Homme nationales et internationales pour dénoncer et si possible empêcher ces inculpations abusives.
Pour toute question: rga-legal@riseup.net
Vidéos des actions
20 juin 2020: https://youtu.be/mdIHyBBHhaQ?t=2
4 octobre 2021: https://youtu.be/MBxyNXN-fT8?t=80
5 octobre 2021: https://youtu.be/p2jQV5PnHZE?t=9
6 octobre 2021: https://youtu.be/y5XinGTQGU8?t=19
7 octobre 2021: https://youtu.be/R-5-h-Mj77I?t=18
8 octobre 2021: https://www.nau.ch/news/schweiz/extinction-rebellion-polizei-nimmt-erste-aktivisten-fest-66018946
Pour en savoir plus sur le Groupe Strasbourg, composé d’une dizaine d’activistes décidé·es à porter le combat jusqu’à la CEDH: xrebellion.ch/fr/news/strasbourg/
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