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Bilan environnemental du Credit Suisse

Selon le GIEC, les deux tiers des réserves connues d’énergies fossiles conventionnelles devraient rester en sous-sol pour éviter un emballement catastrophique du dérèglement climatique. Il est donc totalement inacceptable et criminel de soutenir de nouveaux projets, en particulier d’énergies « extrèmes » non-conventionelles, telles que les sables bitumineux ou le gaz de fracking.

C’est ce que fait le Crédit Suisse: De 2016 à 2018 il a financé les énergies fossiles à hauteur de 57,4 milliards de dollars, dont plus du tiers pour developer les énergies extrêmes. Il a notamment investi environ 9 milliards dans le fracking, une technique qui provoque plusieurs fois plus de gaz à effet de serre que les énergies conventionnelles.

Crédit Suisse soutient financièrement un nombre impressionant des entreprises engagées dans les pires projets climaticides. Quelques exemples :

TransCanada avec parmi ses projets :

  • le tristement célébre oleoduc Keystone XL, relancé par Trump et dernièrement suspendu de nouveau par un juge fédéral aux Etats-Unis.
  • plusieurs gasoducs destinés au développement du gaz de fracking au Mexique (Tuxla-Tuxpan et Texas-Tuxpan, notamment)
  • Energy East, un des principaux oléoducs devant acheminer le brut particulièrement climaticide des Sables bitumineux d’Alberta vers l’Atlantique (Credit Suisse les financent tous).
    Projet abandonné grâce à une mobilisation populaire massive au Quebec.

Kinder Morgan

Son oléoduc TransMountain devrait amener le produit des Sables bitumineux d’Alberta jusqu’au Pacifique, à travers des centaines de kilomêtres de terres autochtones, et en menaçant les cours d’eau de la région. Ceci malgré l’opposition des autorités municipales le long du parcours et de la Province de la Colombie Britannique. La volonté du gouvernement fédéral d’imposer ce projet a provoqué une crise constitutionnelle au Canada.

Enbridge

Promoteur de Line 3, un des autres oléoducs destinés aux Sables Bitumineux

Sables bitumineux :

Depuis 2004, le Crédit Suisse a fourni pour plusieurs milliards de dollars de soutien à 16 des principales entreprises impliquées dans les Sables Bitumineux d’Alberta. L’extraction cette énergie « extrême » implique la pollution de quantités énormes d’eau (jusqu’à 5 barils d’eau pour chaque baril de brut) et d’énergie (190 kg Gaz_à_effet_de_serre généré pour extraire un baril, trois fois plus que pour du pétrole conventionnel) et la destruction irréversible d’une zone de la forêt boreale (à terme environ 5000 kilomètres carrés). Des habitants meurent déjà de la pollution de l’Athabasca, principale rivière de la région. Certains scientifiques estiment qu’à lui seul ce projet pourrait faire basculer de façon catastrophique le climat mondial.

Energy Transfer :

  • Dakota Access Pipeline (DAPL) Cet oleoduc a motivé la résistance autochtone historique de Standing Rock. (Questionné au sujet des violences contre les manifestant.e.s, notamment les chiens d’attaque qui ont blessé des femmes en prière sur un site sacré, le Crédit Suisse nous a répondu que ce serait la compagnie qui pourrrait éventuellement être tenue responsable pour cela, et non son financeur...)
  • Bayou Bridge : un oléoduc dans la Louisiane qui traverserait les forêts marécageuses des bayou. Il est fortement contesté par les communautés locales impactées et menace tout l’ecosystème.

Dominion Energy

  • Atlantic Coast Pipeline : Crédit Suisse participe dans un prêt de $5 mia. pour ce gazoduc aux Etats-Unis, qui menace l’environnement et les moyens d’existence de 30,000 autochtones sur le trajet du projet.

RWE

RWE est propriétaire de mines à ciel ouvert de charbon (lignite) particulièrement polluantes en Allemagne, plus grande source de CO2 d’Europe, entre autres en détruisant une de ses plus anciennes forêt, celle de Hambach (actions de Ende Gelende).

Chevron

  • Credit Suisse est actionnaire et partenaire d’affaires à long terme de cette compagnie, condamné à 9 mia $ de réparations en Equateur pour des pollutions délibérees de l’Amazonie sur 25 ans. Celles-ci ont fait des milliers de victimes et des dégâts irréversible à l’écosystème. (Chevron et ses actionnaires refusent de payer.)

 

N.B. Dans certains cas, Crédit Suisse essaie de nier sa responsabilité en précisant qu’elle finance l’entreprise, mais pas le projet particulier. Elle joue évidemment sur les mots. Ceci dit, confronté à Genève par des femmes autochtones de Standing Rock, le « Sustainability Officer » de la banque a finalement lâché que tant qu’il y aura un marché pour les énergies fossiles, Crédit Suisse avait l’intention de les financer...

 

Nos remerciements à www.banktrack.org, source de la plupart de ses informations.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sable_bitumineux#Histoire_de_l'exploitation_en_Alberta